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Édité le mercredi 14 novembre 2018

11 novembre 2018 > Cérémonie du Centenaire

Le centième anniversaire de la signature de l'Armistice mettant fin à la première guerre mondiale a rassemblé beaucoup de monde autour du Monument aux Morts. La cérémonie étaint empreinte de solennité et d'émotion.

Les écoliers ont lancé la commémoration en lisant des lettres de poilus. Puis, Luc Devlieger, Président des ACPG a lu la lettre du Ministère des Anciens combattants avant que Vincent Lamoureux, Maire-Adjoint et membre de l'association historique ne fasse le rappel historique :

"Après plus de 4 années de Guerre, le conflit initié en août 1914 touche à sa fin.

Les villages de Thiérache retrouvent la Liberté

Dans l’après-midi du 4 novembre 1918, le 412e Régiment d’Infanterie commandé par le commandant Mesni suspend sa marche en avant aux abords de Sains-Richaumont, il lui reste deux kilomètres à parcourir pour entrer dans la localité. Le régiment s’établit face à Sains-Richaumont, à gauche et à droite de la route de Faucouzy. Le front est stabilisé depuis un certain temps déjà sur une ligne matérialisée aujourd’hui par la route joignant Le Hérie-la-Viéville à Marle. L’artillerie allemande est postée rue de Faucouzy et rue de la Gare. Un avion français en reconnaissance au-dessus du bourg, remarque la présence de la population civile agitant des mouchoirs ou faisant des signes. Cette présence civile remarquée permet à Sains-Richaumont de ne pas être bombardé par les Français « à l’affût » des Allemands. Afin de ralentir la progression française, les Allemands ont obstrué les croisements de routes et détruit les ponts et voies de chemin de fer.

Le mardi 5 novembre, plusieurs cavaliers font leur apparition, arrivant de toutes les routes. Les Français entrent dans Sains-Richaumont par petits groupes, le gros des forces françaises contournant le pays par les champs. C’est dans l’allégresse et dans la joie que les troupes sont accueillies. C’est la délivrance, au terme de 1527 jours d’occupation, Sains-Richaumont retrouve la liberté.

Le 6 novembre 1918, tôt le matin, le 412e RI reprend sa marche en avant. Dans la journée il libère Lemé, Voulpaix, Laigny et Beaurepaire. Il s’arrête non loin de La Bouteille.

Le lendemain 7 novembre, Fontaine-les-Vervins, La Bouteille, Origny-en-Thiérache voient eux-aussi se terminer le cauchemar de l’occupation.

Le 8 novembre, c’est toujours le 412e qui libère Buire, puis le 9 il entre dans Hirson, gagne Saint-Michel pour atteindre, le soir-même la frontière belge. La Thiérache est libérée.

Dans le même temps, la Paix se prépare.

Le 6 novembre, Mathias Erzberger, homme politique allemand, reçoit la mission de conduire une délégation de plénipotentiaires chargés de demander l’armistice auprès du maréchal Foch.

Le soir du 7 novembre 1918, venues de Spa en Belgique, 4 voitures allemandes fendent l’obscurité et arrivent vers 20 h au contact des premières lignes de front au lieu-dit d’Haudroy, sur la commune de La Flamengrie. Sur le premier véhicule, flotte un grand drapeau blanc. A 20h20, le caporal Pierre Sellier reçoit l’ordre de sonner le premier « Cessez-le-feu sur le sol européen » permettant au convoi de rejoindre la Villa Pasques de La Capelle sous la direction du Capitaine Lhuillier. L’atmosphère au QG est glaciale. Ils sont reçus par le commandant Bourbon-Busset. Le convoi reprend sa route jusqu’à Homblières où le général Debeney annonce : « Messieurs, j’ai reçu l’ordre du Maréchal Foch de vous conduire à son état-major ».

Ainsi, le 8 novembre, les plénipotentiaires rejoignent Tergnier et c’est dans un train de Napoléon III qu’ils rejoignent Rethondes dans la forêt de Compiègne.

Le 9 novembre, l’Empereur allemand Guillaume II abdique. Le député Scheidemann proclame la République au balcon du Reichstag à Berlin.

Un télégramme du Chancelier allemand autorisant la signature de l’armistice est remise aux plénipotentiaires dans la soirée du 10 novembre.

Nous sommes maintenant le 11 novembre 1918. Il est 5h15 quand l’armistice est signé dans le wagon du Maréchal Foch. L’armistice entre en vigueur sur l’ensemble du front à 11h. Les clairons peuvent alors faire entendre leur sonnerie. Ce n’est qu’en soirée que les dernières poches de résistance allemandes baissent définitivement les armes. La guerre est finie.

Vient l’heure du bilan.

.. un bilan lourd. Villages du Nord et de l’est de la France dévastés, économie à l’arrêt et des pertes humaines …. les pertes humaines s’élèvent à 18 millions de morts : autant de militaires que de civils. Rien que pour la France : 1.400.000 militaires tués et 300.000 civils. Pour l’Allemagne : 2.000.000 de tués du côté de l’armée et 400.000 civils.

N’oublions jamais !"

La cérémonie officielle démarra alors avec la lecture par Annie Doublemard, adjointe au Maire, de la lettre du Président de la République qui fut suivie de la lecture des Morts pour la France. La minute de silence une fois observée, Humbert Mulet lança alors, sur l'ordre de Joël Camus, la Marseillaise reprise par les enfants rassemblés en chorale et l'ensemble de la foule.

Après avoir salué les Porte-drapeaux et les Anciens combattants, les autorités se mirent en place pour le défilé. Le Maire, Jean-Pierre Viéville et ses adjoints remercièrent et félicitèrent tous les enfants pour leur prestation et leur présence. Ils furent bien récompensés !

A la mairie, après la levée des couleurs par les Pompiers, Vincent Lamoureux tint à rendre hommage à Dominique Lemaire, convalescent,  Président de l'association Histoire locale et Patrimoine, Jean-Paul Meuret, historien amoureux de la Thiérache parti trop tôt et Marie-France Mulet-Lesage qui, pendant de nombreuses années , arpenta les terres de la Grande guerre et permit aux carnets d'Eugénie Deruelle d'être mis en lumière et devenir un témoignage précieux de cette période. Vincent Lamoureux présenta ensuite l'exposition historique ainsi que des travaux d'élèves et d'habitants sur le thème de la Paix.

L'assistant répondit ensuite à l'invitation de M. le Maire pour prendre le traditionnel verre de l'Amitié.